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Interview de marleen boonen.

  • Que signifie le numéro 23 ?
    « Le numéro 23 ? Quand François jouait à Charleroi il portait le numéro 9. Quand il a signé au GBA, le numéro 9 était pris. J’ignore par qui. Il a alors sonné à Mogi Bayat en lui expliquant que son numéro n’était pas disponible. Mais il y avait d’autres numéros dont le 23. Mogi lui a alors dit de prendre le numéro 23 car Eduardo avait ce numéro et il a réalisé une grande carrière. Donc prends ce numéro, il va te porter chance. »

 

  • Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre ?
    « A la mort de François, je suis allée chez des amis qui habitent Wavre. Ils m’avaient invitée à souper. D’autres personnes sont venues comme Enzo Scifo avec Michel Maton. Je connaissais déjà Enzo mais pas Michel. Comme Enzo a perdu son frère, j’ai beaucoup discuté avec lui. François louait l’appartement d’Enzo à Knokke. Après le décès de François, Enzo m’a laissé son appartement le temps que je jugeais nécessaire. Il m’a laissé le temps de faire mon deuil, le temps de débarrasser tranquillement l’appartement. Donc j’ai conservé l’appartement jusqu’au 15 août. Ca a été dur de le quitter mais bon je n’avais pas le choix. Ensuite nous étions à table, Enzo  a déjà écrit quelques livres avec les Editions Luc Pire et Michel Maton. Alors j’ai dit que moi aussi j’aimerais écrire un livre sur mon fils. Enzo a trouvé que c’était une bonne idée parce ce serait une bonne thérapie. Michel était partant. Il a sonné à l’Editions Luc Pire et ensuite l’aventure a commencé. Une semaine plus tard, nous nous sommes vus à Knokke. L’écriture du livre a débuté  fin mai. Nous sommes restés tout l’été à  Knokke. Et nous avons interviewé toutes les personnes que  je souhaitais voir apparaître dans le livre. »

 

  • Comment s’est déroulée la rencontre avec Michel  Maton ?
    « Je ne connaissais pas Michel. Au premier abord, j’étais sceptique. Car il faut savoir que Michel est très poète car c’est un écrivain et il est un peu tête en l’air. Nous avons réalisé des interviews que Michel a perdues. Donc nous avons dû refaire plusieurs fois les interviews des mêmes personnes. Mais bon Michel est comme ça, il est formidable, très entier et il a toujours été très présent. »
  • C’était une belle rencontre ?
    « Oui … même si maintenant nous sommes fâchés ! » 
  • Ah … et pourquoi donc ?
    « Ce n’est pas parce que je suis la maman de François Sterchele que ça donne le droit de faire des interviews à ma place. Si je refuse d’en donner à des journaux ou à des radios, c‘est parce que c’est beaucoup. Ca fait un an que mon fils est décédé, il y a eu la sortie du livre en même temps et l’A.S.B.L. que j’ai créée. Donc je suis sollicitée de tous les côtés et j’en suis ravie. Mais il ne faut pas oublier que je suis toujours une maman, j’ai toujours des enfants et je ne sais pas être partout en même temps. Donc j’essaie de planifier tout ça. Et Michel a donné une interview à ma place dans un journal à Charleroi. Et dans ce journal, il a écrit que j’étais en guerre contre le Sporting de Charleroi. Naturellement, le lendemain j’ai eu Mogi Bayat au téléphone en me demandant pourquoi j’avais tenu de tels propos. Je lui ai répondu que je n’avais pas donné d’interview. Dans cet article, j’y aurai dit que le sporting de Charleroi ne voulait pas de mon livre, qu’il ne voulait pas le mettre en vente dans le fan shop et que je ne voulais plus entendre parler du sporting. J’ai alors fait un démenti. J’ai eu le journaliste au téléphone qui m’a alors avoué que c’était Michel Maton qui avait parlé en mon nom. Et je ne suis pas d’accord la dessus. »

 

  • Mais ce fut une superbe complicité pleine d’émotions pour la réalisation du livre. Qu’avez-vous envie de lui dire malgré ce petit désaccord ?

« Déjà de un merci. Car sans lui, je n’y serai pas arrivée facilement vu que je ne suis pas écrivain. C’est moi qui ai écrit les chapitres où je parle de François mais le reste, les interviews des autres personnes c’est Michel qui les a mis en place. Donc je lui dis merci pour cet ouvrage. »

  • Quel témoignage vous a le plus ému ?

« Celui du meilleur ami de mon fils Fabio Farina et celui naturellement de mon papa. Car mon papa c’était le moteur de mon fils. François avait les capacités pour réussir mais s’il n’y avait pas eu mon papa qui l’avait suivi depuis ces 5 ans. Je ne sais pas s’il aurait persévérer ou s’il serait arrivé là ou il était arrivé. Mais il y a eu aussi l’interview de Stijn Stijnen. Mais celui qui m’a le plus touché c’est celui de Fabio. »

  • C’est vrai que dans le livre, on retrace le parcours de François et on se rend compte qu’effectivement son grand-père le suivait partout et surtout à Liège. Grand Fan de Liège ?

« C’est là qu’il a débuté. C’est là que tout a commencé. »

  • Combien de temps vous a-t-il fallu avec Michel pour écrire le livre ?
    « Nous avons commencé fin mai. Le livre devait sortir fin d’année. Parce que le livre était terminé. Aux Editions, ils m’ont alors dit que le livre n’était pas complet et qu’il sortirait en février. Finalement il est sorti le 7 mai. Mais j’ai appris car on apprend toujours qu’il était déjà prévu dès le départ que le livre devait sortir pour le premier anniversaire du décès de François. »

 

  • Vous avez créé une A.S.B.L. « Rêve d’enfants ». Quel est son but ?
    « Son but est de réaliser le rêve des enfants gravement malade, par des cancers, leucémies, des maladies orphelines, … toujours dans le milieu du foot. Que ces enfants puissent rencontrer leur joueur de foot préféré. Soit le rencontrer tout simplement, assister à un match, visiter les installations du stade où ce joueur évolue, partir un week-end à Disneyland avec son joueur préféré ou suivre son joueur durant une journée traditionnelle. »
  • Cela va rester avec des joueurs belges ou cela va s’étendre à des joueurs internationaux ?

« Internationaux ! Parce que dans les parrains, il y a déjà Marwane Fellaini, Daniel Vanbuyten, Vincent Company , Logan Bailly. J’ai rencontré au soulier D’Eben, Monsieur Wamba et j’espère qu’il va intégrer l’A.S.B.L. »

  • Combien êtes-vous à travailler dans l’A.S.B.L. ?

« Vraiment effectif, car pour créer une A.S.B.L., il faut au minimum être trois. Dont moi, la présidente, Vanessa et Christophe. Et en plus de tout ça, il y a une dizaine de personnes bénévoles dont Patricia qui est une amie. Et il y a 5 personnes qui travaillent sur Charleroi. »

  • De la famille ?

« De la famille, il y a ma fille. Thibault, malheureusement depuis le décès de son frère est très en retrait. Thibault n’accepte pas la mort de François. Il a arrêté de jouer au foot, il ne va plus voir les matchs. Il est en perte d’identité.  Parce qu’il ressemble énormément à François. Il vit ça dans son coin. Il est très heureux  que ça marche bien pour moi. Pour lui c’est la continuité de son frère mais il ne veut pas  s’impliquer dedans et je ne le force pas. »

  • Comment vivez-vous votre vie au quotidien ? Comment gérer vous tous ça ?
    « Je gère. »

 

  • Avec un agenda surchargé ?

« Plus que surcharger ! Mon problème c’est que je ne sais pas refuser donc parfois sur la même journée, j’ai  4 ou 5 rendez-vous. Mais ça peut-être sur Anvers, Bruges, Bruxelles, Liège puis je retourne sur Bruges. Mais je dis oui à tout parce que j’aime ce que je fais. Pour moi, mon fils est toujours en vie et c’est pour lui que je le fais. »

  • Avez-vous eu des critiques sur le fait que vous avez créé une A.S.B.L. ou publié un livre ?
    « Oui. »

 

  • Que répondez-vous à ces critiques ?
    « Je vais être franche, je les en…….  Quand le livre est sorti, on a dit que je me faisais de l’argent sur le dos de mon fils et que en créant une A.S.B.L. j’avais envie d’être médiatisée et d’être dans les journaux. Au début je répondais à ces atteintes. Mais bon déjà au funérarium, le lendemain de l’enterrement, on me ramène les petites cartes posées sur  les fleurs et les cartes de visite. Et il y avait deux cartes qui étaient très méchantes. Ces gens sont venus devant le cercueil de François. Mais ils ne se sont pas gênés d’écrire des choses méchantes sur les cartes. Mais maintenant je ne me retourne pas après ça.

    Du style, je n’ai rien à cacher moi, Les termes exactes étaient : « pauvre c…, maintenant que tu t’es craché avec ta Porsche, que vas-tu faire de ton argent ? » L’autre carte était dans le même style. »

 

  • Quel message voulez-vous faire passer en publiant ce livre et en créant cette A.S.B.L. ?

« Je n’ai pas vraiment de message à faire passer. J’ai fait ce livre parce que j’avais envie de le faire et j’avais envie de partager des choses que certaines personnes ignorent. Les fans connaissent François le footballeur mais ils ne connaissaient pas des choses sur sa vie privée ou comment sa carrière avait débuté. Et j’avais envie de partager ça avec le public. Et pour l’A.S.B.L., j’ai tellement de sollicitations pour organiser des tournois ou des soirées au nom de François. Le premier, ça a été le Scifo. On m’a remis le chèque de 7 500 euros et on m’a dit tu dois remettre ce chèque à une œuvre. Bon là, j’ai réfléchis et je me suis demandé si ce chèque arriverait vraiment là où je le voulais ou si vraiment il aiderait directement les enfants. Et là, j’en ai discuté avec des amis, et on a alors décidé de créer notre propre A.S.B.L. ainsi je serais sur que ces bénéfices seraient utilisés à bon escient pour les enfants. »

  • Depuis le décès de François, les supporters des autres clubs et les joueurs ont fait preuve de soutien, d’affection, d’honnêteté, de fair-play, … Pensez-vous que ça aie entrainé  un élan de solidarité dans le monde du foot belge ?

« Je crois. C’est vrai que depuis la disparition de François, j’ai rencontré des gens que je n’aurais jamais rencontré auparavant. Ca peut aller du ministre à monsieur tout le monde. Quelles que soit les personnes que j’ai rencontrées, c’était une énorme sympathie. »

  • Qu’avez-vous envie de leur dire ?


« Merci. Même moi, je ne savais pas que mon fils avait autant d’impact. J’ai l’impression que François est devenu un mythe.  Ca fait un an, et il y a toujours autant de ferveur, je reçois toujours autant de courrier. J’ai créé l’A.S.B.L. et il y a  6500 membres. Sur mon Facebook, j’ai presque  4000 membres aussi. C’est incroyable. »

  • Avez-vous eu un courrier, un message ou une marque de sympathie qui vous a touché ?

« Il n’y en a pas qu’une. Une parmi tant d’autres … Une qui m’a touchée particulièrement. C’était quand François jouait à Charleroi. Il était à l’entraînement. Et François voyait tous les jours le même petit garçon qui était en âge d’aller à l’école. Il a questionné la maman pour savoir pourquoi ce petit n’était pas à l’école. Et là, la maman lui répond qu’il était malade, un cancer sous traitement chimio. Et que François était son plus grand fan.  Et là, François n’a plus su quoi dire. Il s’est ensuite lié d’amitié avec ce petit garçon. A tel point qu’il avait le numéro privé de François.  Parce qu’il faut savoir qu’un joueur de foot a trois GSM : un pour les filles, un pour le privé et un pour les journalistes. Et régulièrement François lui sonnait pour prendre de ses nouvelles suite à ses traitements. Ce petit garçon devait faire sa communion et la maman avait invité François. C’était une surprise pour le garçon. Mais malheureusement, François est décédé avant. »

  • Quelles ont été les plus beaux hommages rendus à François en Belgique ?


« Pour moi, le plus beau, c’est la 23ème minute à Bruges. La première fois, j’ai pleuré. Je me suis dit que ça aura lieu  4 ou 5 fois. Mais non, ça fait un an. Et au Standard, ça m’a très fort touchée car il y a eu du respect dans tout le stade et les supporters Brugeois qui ont remercié le Standard. »

Marleen, un grand merci pour votre sympathie, de m’avoir permis de réaliser votre interview pleine d’émotions et de sincérité, bonne continuation. A très bientôt et beaucoup de succès avec l’A.S.B.L. « rêves d’enfants » ainsi que votre livre.
François, toi, qui nous regarde de la haut protège ta famille et tes amis. Tu nous manque et manquera énormément. Fais de nos vies un rêve, nos rêves une réalité.
Merci

 

 

 

 

Pour www.rscl4ever.be Martinelli Gregory

www.lesvraisamis.net


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